Sporting Club du IXe

 
 
 
 
 
 

Interview

Interview Philippe, Responsable Tennis du SC9




Nous avons décidé d’aller à la rencontre de Philippe, le responsable pédagogique de la section Tennis du SC9. Accompagné de ses deux collègues initiateurs, Cédric et François, il apprend aux jeunes comme aux adultes à améliorer leur tennis et surtout à prendre du plaisir à le pratiquer.


Comment êtes-vous arrivé  au SC9 ? Comment en êtes-vous devenu le responsable pédagogique ?

Philippe : « Je suis arrivé sur Paris en 2001, j’ai intégré la ligue de tennis de Paris en tant que entraineur de ligue. Je m’occupais des meilleurs jeunes joueurs du 9ème et 10ème arrondissement. C’est à ce moment là que j’ai rencontré Mme Anquez (vice-présidente du SC9) qui accompagnait les enfants le dimanche matin et qui m’a demandé d’intervenir en tant que conseiller pédagogique sur le 9ème arrondissement. »

Comment es-tu venu à pratiquer le tennis ?

Philippe : « Je joue au tennis depuis l’âge de 13 ans. Je n ‘ai jamais pris de cours de tennis. J’ai appris en regardant les autres, en faisant beaucoup de travaux personnels sur le terrain. Le tennis je l’ai appris grâce au tennis de Noah qui était expliqué dans un bouquin, je m’entrainais tout seul avec les balles du chien. Les premiers entrainements que j’ai suivis, j’étais classé 15/4. Je faisais des tournois avec des copains, on y allait en stop, ou alors les parents nous accompagnaient. »

Tu as fais beaucoup de compétition ?

Philippe : « Mon père était ancien sportif de haut niveau de handball. Il m’a poussé tout de suite à la compétition, à enchainer des matchs. On s’imaginait être des joueurs de haut niveau. Moi c’était Borg. Un de mes potes, c’était McEnroe, Leconte. »

Dans les années 1980…

Philippe : « Oui dans ces années-là, c’était la grosse époque du tennis en France. Dans mon club, qui était assez important, on était les deux meilleurs joueurs du club avec Eric, un ami. Le Tennis Club du Cheylas, c’est un club entre Grenoble et Chambéry. Il y avait une très bonne ambiance. »

Le tennis peut transmettre un certain nombre de choses comme tu me l’a souvent dis, ça peut être plus qu’un sport…

Philippe : « Dans le tennis il y a un esprit d’analyse. Le jeu de tennis est comparable au jeu d’échecs. Il faut comprendre les situations, les analyser, trouver des réponses adaptées tout le temps. C’est un problème de mathématiques, de gestion d’espace-temps. On joue dans un espace et il faut gérer du temps. Plus on monte en niveau, plus il faut avoir cette capacité d’analyse, cette lucidité sinon c’est « au secours ».»

Présente nous la section tennis du SC9, section jeune et adulte…

Philippe : « Cette année, on compte un peu près 170 élèves adultes et enfants confondus. Il y a 5 groupes adultes composés de 6 élèves, du débutant au joueur de compétition, troisième série. Les autres sont des enfants débutants à compétiteurs encore une fois. Comme tu le sais, nous accueillons les enfants à partir de l’entrée en sixième. On travaille avec deux éducateurs Cédric et François. »

Le club est plus porté sur les jeunes…

Philippe : « Tout à fait, c’est l’objectif initial du club. »

Quel est le projet du club pour cette année ?

Philippe : « Nous venons de le mettre en place. En fait, il y a plusieurs projets. Chez les enfants, nous allons mettre pour la première fois en place des équipes de compétition enfants. Pour cette année c’est parti, on est en train de les inscrire. Un stage tennis adulte en début d’année 2010 normalement mais ce n’est pas simple à organiser. »

Sur du plus long terme, tu a d’autres projets pour le club. Avoir enfin un terrain couvert je suppose…

Philippe : « Mais bien sûr. Si la mairie de Paris nous offre la possibilité d’avoir un terrain couvert, on réduirait pas mal de problèmes : nuisances sonores, nuisances visuels avec les éclairages. On pourrait à ce moment là accueillir beaucoup plus d’enfants parce que c’est lamentable de laisser des personnes sur le bas de la route. On refuse des personnes chaque année. Là j’ai encore 40 élèves que je ne peux pas prendre. Ce n’est pas normal. Donc cela nous permettrait d’avoir une planification jusqu’à 22h tous les soirs (contre 19-20h actuellement). Tu imagines la création de groupes. Cela fait 10 groupes, 10 nouveaux créneaux ouverts. Plus de 50 personnes. Ce serait génial !! On pourrait faire des entrainements supplémentaires pour les meilleurs du club. »

Qu’est-ce que tu penses des joueurs de tennis aujourd’hui ?

Philippe : « Pour moi, l’exemple même du joueur de tennis aujourd’hui, y en a trois. Dans la beauté, la félinité, c’est forcément Federer. C’est un chat, un félin. Y a rien qui va plus vite en terme de jeu de jambes, de facilité de jeu, c’est impressionnant. A regarder, à observer, à prendre des notes. C’est ce que nous devrions faire. J’aime beaucoup Djokovic, très proche d’un Tsonga dans les capacités à jouer en coup droit, revers à deux mains, tout en combativité. Le must de la combativité pour moi restera Rafael Nadal. On aime ou on n’aime pas mais c’est un « killer » sur le terrain. »

Justement Nadal ou Federer ?

Philippe : « Moi je préfère Roger Federer. »

Les joueurs français, qu’est-ce que tu en penses ?

Philippe : « J’aime beaucoup Tsonga. Mais il faut attendre l’arrivée d’autres joueurs. Ya Monfils aussi. Mais j’attends avec impatience le retour de Richard Gasquet. Simon, le personnage, son style de jeu m’ennuie. Tactiquement, c’est très pertinent, c’est un stratège ce type parce qu’il prend appui, il joue. Il a beaucoup de qualités, c’est plus un contreur, un défenseur. Mais il n’a pas la folie d’un Santoro. Quand il jouait, il était capable de faire la misère à son adversaire. Il ne t’envoyait jamais deux fois la même balle. Il analysait les matchs de ses adversaires avant de rentrer sur le terrain. C’était un grand tacticien. L’exubérance d’un Monfils, Tsonga, quand ils gagnent un match, on a l’impression qu’ils ont gagné la coupe du monde. Restons humble dans le tennis. Gasquet est beaucoup plus humble quand il gagne son match. A mon sens, c’est le plus talentueux. Il lui manque de la puissance musculaire de Tsonga. Il a été embêté par des blessures et l’affaire de dopage qui n’est pas finie. J’aimerais un peu plus d’humilité des joueurs français. Quand tu vois Nadal qui gagne son match contre Tsonga à Bercy. Avant ce match, contre Robredo, il passe à quelques points de la défaite, il se bat, il revient. Il serre le poing, il est content et il va serrer la main de son adversaire. Il salue le public. »

En coupe Davis…

Philippe : «C’est un des principaux projets de Jean Gachassin, élu récemment président de la FFT. Il met tout en œuvre pour que la France regagne la Coupe Davis pour la 4ème fois. La dernière victoire commence à dater (2001). »

Tu veux peut-être rajouter quelque chose ?

Philippe : «Il ne faut pas oublier de remercier les bénévoles sans qui une structure tennis ne peut pas avancer. Il ya plein de bénévoles qui filent un énorme coup de main, ce sont des éléments moteurs… En terme club, de par le nombre de personnes que l’on a, on est vraiment au maximum. Je ne vois pas comment on peut faire plus. Faire jouer 8 élèves pendant les cours, je m’y refuse. Tous les projets dépendent d’une couverture du terrain ou de l’éclairage mais on a des problèmes environnementaux… Si on veut que le club évolue, pas forcément dans l’objectif compétition mais dans l’objectif initial, qui est de faire découvrir, faire progresser tout élève. On n’est pas structuré pour faire de la compétition réel. Certains jeunes devraient au moins jouer 3h par semaine avec un entrainement physique comme dans un vrai club de tennis… »

Remerciements à Dominique, Albane, Maud, Lena et Marie-José Anquez, Présidente du SC9 pour tout le travail qu’elles font pour le club et à Philippe pour avoir répondu à cette interview.

 
Dernière modification : 04/07/2010